Le 8 mai dernier, alors que ma suppléante Marie-Hélène Amsallem me représentait à la cérémonie de la libération du 8 mai 1945 à Marseille, j’étais à Alger avec une délégation de parlementaires pour commémorer les massacres commis à Sétif, Guelma et Kherrata par l’armée française en Algérie. Notre délégation parlementaire mêlait centre, gauche et droite, composée de mes collègues députés Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Fatiha Keloua Hachi et Belkhir Belhaddad et de mes collègues sénateurs Sophie Briante Guillemont, Ahmed Laouedj, Akli Mellouli, Adel Ziane et Raphaël Daubet.
La France et l’Algérie traversent une période de tensions et de relations difficiles, marquées par des divergences réelles, héritées d’un passé douloureux, mais aussi trop souvent instrumentalisées par ceux qui, des deux côtés de la Méditerranée, ont intérêt à attiser les tensions pour servir leurs objectifs de politique intérieure.
En tant que président du groupe d’Amitié France-Algérie de l’Assemblée nationale, j’ai rappelé lors de ce séjour combien les liens entre la France et l’Algérie sont anciens, profonds et essentiels. Malgré les tensions, nos coopérations dans les domaines stratégiques, tels que la défense ou la lutte antiterroriste, restent actives et vitales. Elles témoignent d’une coopération confiante sur des enjeux cruciaux, où la sécurité de nos citoyens et la stabilité régionale sont en jeu.
Je suis convaincu que l’avenir de nos deux nations est intimement lié , notamment sur le plan économique. Le commerce maritime entre l’Afrique et l’Europe ouvre ainsi de nouvelles perspectives dans un contexte géopolitique mouvant et alors que certaines alliances traditionnelles que nous croyions solides deviennent aujourd’hui incertaines. Il est maintenant impératif pour l’Europe de tisser des partenariats sincères et durables avec ses voisins du Sud. L’Algérie occupe à cet égard une place stratégique et nos intérêts convergents dans de nombreux secteurs.
Au-delà de ces intérêts partagés, il y a aussi des liens humains qui unissent nos peuples. Ces liens, faits de familles partagées, d’amitiés, de collaborations professionnelles et de relations quotidiennes qui se comptent par millions, forment un tissu vivant et résilient.
63 ans après l’indépendance de l’Algérie, il est temps, plus que jamais, que la France et l’Algérie regardent ensemble vers l’avenir. C’est dans cette perspective que je place toute ma confiance et mon engagement.