Nous devions débattre à l’Assemblée nationale de la proposition de loi dite « Duplomb » visant à lever les contraintes de l’exercice du métier d’agriculteur .
Ce texte, profondément régressif, remet en cause les grands principes scientifiques, climatiques et sociaux en voulant notamment réautoriser les néonicotinoïdes, en remettant en cause l’indépendance de l’ANSES ou encore en facilitant le déploiement des mégabassines.
Mais le débat n’a pas eu lieu. La droite, main dans la main avec l’extrême droite, a voté le rejet de son propre texte pour échapper à la discussion. Un véritable coup de force qui réduit le Parlement au silence et prive nos concitoyens de toute transparence, en renvoyant les arbitrages à huis clos, dans une commission mixte paritaire qui va se réunir et essayer de trouver un compromis.
Notre agriculture est à la croisée des chemins, confrontée à la fois à une falaise démographique et au mur climatique. Mais au lieu d’affronter ces urgences, ce texte cherche à opposer écologie et productivité, à flatter les peurs plutôt que bâtir des solutions durables.
Avec mes collègues du groupe Socialistes et apparentés, nous avions tendu la main : nous avons accepté la mise en place d’un temps législatif programmé, pour permettre à chaque groupe politique de s’exprimer pleinement sur ce texte. La droite a refusé. Elle a préféré l’obstruction à la discussion, le repli idéologique à l’intérêt général.
Réintroduire des pesticides tueurs d’abeilles sans expertise scientifique, ignorer la transition agroécologique, c’est tourner le dos à l’avenir et à la santé de toutes et tous.
Retrouvez ci-dessous la question posée à ce sujet par Boris Vallaud, président de notre groupe, mardi 27 mai, lors des questions au gouvernement.